La volonté réelle ou apparente du président de la République de faire enquêter sur l’affaire Icc services afin d’établir les différentes implications fait toujours son chemin. Après l’arrestation des agents et responsables de la structure incriminée de même que des fonctionnaires au Palais de la République, l’ex-ministre de l’Intérieur Armand Zinzindohoué et l’ancien Procureur général de la République Georges Constant Amoussou, sont en détention depuis hier lundi 12 juillet 2010. Ces deux arrestations ne seront pas faciles à digérer par le président de la République, d’autant que les deux hauts cadres de l’Administration désormais privés de leur liberté ont leur mot à dire dans cette affaire. C’est particulièrement le cas de Armand Zinzindohoué qui selon ses proches n’est pas prêt à porter seul toute la responsabilité du gouvernement. Mais pour le moment il est en cage. Quelques heures avant son arrestation, il a eu écho de ce qui allait lui arrivait et a fui de son domicile, perquisitionné dans la mi-journée. Il s’est retrouvé chez le président de l’association des Pasteurs. A la tombée de la nuit, les forces de sécurité sont allées le chercher dans sa cachette. Ce qui n’est pas du goût des pasteurs qui menacent de marcher sur un commissariat de la place. Car, Armand Zinzindohoué tout comme Georges Constant Amoussou sont gardés dans un lieu secret. Le moins qu’on puisse dire sur leur arrestation, c’est de souligner que l’opération a été menée conjointement par les flics et les gendarmes. La question qu’on se pose déjà c’est de se demander quelle sera la suite à donner à leur détention. Si le le chef de l’Etat Yayi Boni n’a pas en vie de laisser tranquilles ceux qui en ont une part de responsabilité dans ce qu’il convient d’appeler « Affaire Icc services », ils pourraient faire l’objet de poursuites pénales. Mais c’est aller trop vite en besogne en voyant aujourd’hui les choses dans ce sens. C’est plutôt la responsabilité qui est d’actualité dans le scandale du siècle, et au moment venu les Institutions qualifiées vont éclairer l’opinion publique. Ce qu’on retient depuis l’éclatement de ce dossier, c’est la prise de mesures par le gouvernement, notamment la création d’un comité de crise et d’un comité de suivi pour faire des propositions de sortie de crise. De son côté, la Brigade économique et financière (Bef) continue d’enquêter pour établir les implications à tous les niveaux. Les informations qu’elle collecte lors des auditions des prévenus sont mises à la disposition de la police judiciaire qui les reverse au comité de crise. Les noms de plusieurs autres complices sont dans les tuyaux et seront connus de l’opinion publique. A l’allure où le dossier évolue, on découvre au jour le jour l’implication de l’administration.
FN