Si la fermeté du président de la République vis-à-vis des dirigeants des maisons de placement d’argent est très bien appréciée par les populations, il faut souhaiter urgemment que le gouvernement tout en poursuivant sa campagne de salubrité, puisse également parer au plus pressé. C’est-à-dire dégeler les comptes des sociétés de placement d’argent, afin que les épargnants abusés puissent entrer en possession de leur mise de départ. Aujourd’hui, ce n’est plus le gain, l’intérêt ou le bénéfice qui compte pour la plupart des épargnants, mais surtout leur argent de départ. Dans cette débâcle, toutes les sociétés de placements en ligne, ne sont pas logées à la même enseigne. Il faut distinguer ICC Services, leader au Bénin en la matière au cœur du scandale politico financier, et les autres structures qui fonctionnaient et qui payaient sans problème les intérêts à date fixe. C’est pourquoi, le gouvernement devrait dégeler tous les comptes pour que les clients puissent espérer un début de payement. On ne peut pas vouloir d’une chose et son contraire en prenant des mesures conservatoires.
Le bon sens recommande une telle démarche
Sommer les structures de placement en ligne de payer les clients en 72 heures et dans le même temps bloquer leurs comptes en banque pose un véritable problème. Le chef de l’Etat qui est un homme avisé, et très remonté contre cette arnaque nationale comprend vite la nécessité d’une telle demande. Cette faillite d’ICC Services qu’on accrédite d’avoir plus de 200.000 clients au Bénin est devenue un drame national. Si à ICC Services, on ajoute les centaines d’autres structures de microcrédits et de placements en ligne, on atteindra facilement plus d’un million de clients sur l’ensemble du territoire national où ils ont des représentations. Pourquoi ne pas nommer dans le cas de la structure incriminée, objet de scandale politico financier, un administrateur provisoire ? Pour que celui-ci prenne des dispositions pour le remboursement des clients. Permettre ensuite aux autres structures qui ne font pas encore objet d’un scandale de poursuivre le remboursement. Le bon sens recommande une telle démarche.
Un dossier qui va s’inviter dans la campagne électorale
A moins que le gel des comptes ne cache encore une réalité beaucoup plus effroyable, c’est une demande qui devra requérir l’assentiment du pouvoir. En tout cas, Boni Yayi semble avoir pris les taureaux par les cornes. Le limogeage d’une série de personnalités politico administratives, dont son ministre de l’intérieur est un bon début pour apaiser la tension sociale. Boni Yayi doit aller plus loin dans sa politique de nettoyage. Mais il faut savoir raison garder et pouvoir prendre la juste mesure des choses. Il ne faut jamais l’oublier, c’est la façon heureuse dont le chef de l’Etat aurait conduit ce processus de payement qui lui permettra de rempiler ou non en mars 2011. L’opposition à l’affût, guette tous les faux pas du pouvoir. Il va de soi que le dossier ICC services s’invite dans la campagne électorale qui se profile à l’horizon d’ici à sept mois.