Suite au recensement porte à porte (RPP) qui a duré du 21 avril au 19 mai 2010, les membres de la MIRENA ont fait une sortie médiatique qui a eu pour cadre le siège de la CPS-Lépi à Cotonou pour déclarer, urbi et orbi, que :
Six cent soixante quinze (675) binômes d’agents cartographes et/ôu énumérateurs auraient réalisé la cartographie censitaire prescrite par la loi n° 2009-10 portant réalisation du Réna et établissement de la Lépi avec succès au niveau des cinq cent quarante six (546) arrondissements que compte notre pays. Au terme de cette opération, 3 728 quartiers et villages auraient été cartographiés ;
Le recensement porte à porte se serait déroulé dans des conditions acceptables et aurait permis de dénombrer 1 481 450 ménages et 6 570 486 personnes de 8 ans et plus. Lorsque l’on sait que :
les dysfonctionnements et irrégularités soulignés par le rapport du Groupe de Travail créé par le Chef de l’Etat dans le cadre du Réna et de la Lépi n’ont pas jusqu’ici été corrigés et que le premier président de la MIRENA, a recruté, a lui tout seul, environ neuf cents (900) agents cartographes (non formés), en violation des dispositions légales ;
des chiffres publiés par la MIRENA et afférents aux départements de notre pays, il ressort par exemple, en comparaison aux projections de l’INSAE pour 2010, que les populations du Borgou et de l’Alibori se seraient accrues respectivement de 20,14% et de 12%, pendant que celles du Littoral et de l’Atacora auraient diminué respectivement de 32,31% et 8,23% ;
les chiffres ainsi communiqués lors de cette sortie médiatique diffèrent de ceux notifiés aux partis politiques et que les chiffres publiés relatifs au recensement sur témoignage mettent en cause les données communiquées par le gouvernement ;
de nombreux compatriotes soutiennent n’avoir pas encore été recensés jusque-là et que des membres de la CPS-Lépi, de la MIRENA et du Gouvernement sont allés récemment en mission à l’étranger pour choisir et discuter avec l’opérateur technologique qui sera chargé de l’enregistrement des données biométriques des personnes recensées ; il y a lieu de douter sérieusement de la fiabilité des chiffres allégués par la CPS-Lépi et la MIRENA. C’est pourquoi, préalablement à la continuation du processus, les députés signataires demandent la mise en place d’une commission parlementaire d’enquête et de contrôle pour la vérification :
du processus de mise en œuvre de la loi ;
du financement et de la gestion financière du processus ;
de la validité des chiffres publiés dans le cadre du Réna et de la Lépi ;
de l’intégrité de la Lépi par rapport à toute autre base de données biométriques existante. La commission sera composée de neuf (9) membres désignés selon la configuration politique de l’Assemblée Nationale. La commission dispose d’un délai de soixante (60) jours à compter de sa création pour accomplir sa mission et déposer son rapport final sur le bureau de l’Assemblée Nationale. La commission a la faculté de se faire assister de spécialistes ou d’experts susceptibles de l’éclairer dans ses travaux. L’incidence financière du fonctionnement de la commission est imputable au budget de l’Assemblée Nationale, gestion 2010.
Porto-Novo, le 28 juin 2010